Hansel et Gretel    
 
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La meilleure cuisine fut alors cuite pour Jeannot, tandis que pour Margot on ne servait que les carapaces d'écrevisses. Chaque matin, la vieille se pressait jusqu'à l'étable et criait : "Jeannot, passe ta main par les barreaux que je vois si tu es bien gras." Jeannot lui glissait alors un vieil os et la vieille qui n'y voyait presque plus, pensait que c'était la main de Jeannot et s'étonnait de ce qu'il ne voulait pas engraisser. Quatre semaines passèrent, Jeannot était toujours aussi maigre, la vieille à bout de patience et ne voulut plus attendre. "Margot ! allez ouste" appela-t-elle, "vas chercher de l'eau ! Que Jeannot soit gras ou qu'il soit maigre, demain je le tue et je le cuis." La pauvre Margot pleurait toutes les larmes de son corps en allant chercher de l'eau, il fallait voir comment elles roulaient sur ses joues. "Mon Dieu, aide nous donc !" supplia-t-elle, "si au moins les bêtes sauvages nous avaient dévorés, on serait mort ensemble !" "Épargne nous tes sanglots" dit la vieille "ça ne sert à rien"

Le lendemain matin, Margot sortit remplir le seau, le suspendit dans la cheminée et alluma le feu. "Nous allons d'abord faire du pain" dit la vieille, "j'ai déjà chauffé le four et pétri la pâte." Elle poussa la pauvre Margot vers le four duquel les flammes déjà sortaient. "Penche toi et vois si c'est suffisament chaud afin que nous puissions y enfourner le pain." Puis lorsque Margot fut assez proche, elle voulut ouvrir le four pour la faire rôtir dedans et ensuite la dévorer. Mais Margot devinant ses intentions dit : "Je ne sais pas comment faire pour entrer dedans !" "Oie stupide," dit la vieille, "la porte est assez grande, ne vois-tu pas que même moi je peux y passer" affirma-t-elle en rampant et en passant la tête dans le four. Alors Margot lui donna un bon coup si bien qu'elle bascula dedans puis elle referma la porte en fer et tira le verrou. "Hou ! hou !" hurla-t-elle horriblement ; Margot partit en courant tandis que l'horrible sorcière brûlait abominablement.